Concevoir à Aix-les-Bains n'a rien d'un exercice neutre. La ville monte du lac vers les pentes du Revard : la plupart des parcelles sont en pente, la vue est à l'ouest, et ces deux données commandent l'implantation avant même le premier plan. Une maison posée à plat sur un terrain en pente coûte cher en terrassement et tourne le dos à ce qu'on était venu chercher.
Le patrimoine. Les thermes, le Grand Cercle et les villas de la Belle Époque font d'Aix une ville à l'architecture datée et lisible. Aux abords d'un monument historique, l'Architecte des Bâtiments de France donne son avis sur le projet : matériaux de façade, teintes, menuiseries, pente et couverture. Ce n'est pas un obstacle, c'est un cadre — à condition de le connaître avant de dessiner, pas après le refus.
Le tissu urbain. Parcelles étroites, mitoyennetés, densification : en centre-ville, l'essentiel du travail d'architecture consiste à gagner de la lumière et de l'intimité sans empiéter sur le voisin. Retrait, hauteur, vis-à-vis et stationnement sont fixés par le PLU, et ce sont eux qui dessinent l'enveloppe du possible.
L'orientation. Le lac à l'ouest donne une lumière de fin de journée magnifique et une surchauffe d'été bien réelle. Débord de toiture, brise-soleil, inertie, occultations extérieures : le confort d'été se traite en conception, et la RE2020 l'impose désormais sur le neuf. C'est l'un des rares postes qu'on ne peut pas rattraper après coup.
Nous commençons donc toujours par deux choses : le relevé du terrain et la lecture du PLU. Le dessin vient après — c'est ce qui distingue un projet d'architecture d'un catalogue de plans.